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Et maintenant qu'allons-nous faire ?

Et maintenant qu'allons-nous faire 

De tous ces moutons paresseux

des fleurs en tourbe sur les toits

du chat qui gratte à la porte

de la truite dans la musette

des hirondelles qui ne reviennent pas ?


 Et maintenant qu'allons-nous faire 

des absences à l'horizontale

du héron échoué

de l'espoir qui se dérobe dans la neige qui tombe 

comme de la nuit ?


 Et maintenant qu'allons-nous faire 

Des petites filles envolées

Dans leurs bulles de savon

De toutes les feuilles mortes

Qui s'entassent devant la porte

Et enferment le chat dehors ?


 Et maintenant qu'allons-nous faire 

de la déesse

Des papillons de nuit

du noir et de l'or de son corps

des sept anneaux

de sa poussière ?

 Et maintenant qu'allons-nous faire  ?


Dans l'ordre de nos métamorphoses

Nous partirons sans bruit

Nous attendrons dans le noir de la page

Dans l'ombre et les méandres

Nous guetterons dans les cendres

Une dernière braise de pluie.



Cadavre exquis - Courage

Il y a des idées qui nous coûtent quasiment la vie. Prenez ce jour où,
maladroite, j'ai piétiné un mot, abîmant son sens, c'est ma parole que j'ai condamnée. Je rebrousse le chemin,
je vais avec le courant des alentours, je me couche dans un champs de coquelicots plus hauts que moi, j'attends que la nuit tombe, que des bandelettes d'ombre
m'aveuglent pendant quelques secondes, avant que ne brille à nouveau l'espoir des premiers jours. J'essaie d'oublier
qu'il faut beaucoup de cran pour aimer. Je monte à nouveau dans ce train, ma valise pleine à craquer, sans le vouloir,
dans un grand cornet je suis englobée. Quelle garantie ai-je d'avoir raison ? L'amour fait-il vraiment mûrir ? Alors j'ai récolté quelques pétales et je les ai
tendrement déposés sur du papier. Avec ma gomme je les ai coiffés. Avant de leur prêter un petit bout de mon âme. Ils reviendront de leur voyage
le cœur léger. Je ne savais pas qu'on pouvait aller contre le vent, c'est un secret,
si je l'attrape, je le met dans le tiroir. Mais la commode est prête à éclater, elle est sur le point de tout cracher, et des éclats de bois, des échardes, des clous, menacent
le petit matin frais, tranquille, léger, la petite lueur qui danse dans le regard intraduisible. Des rayons de gaieté
des femmes intrépides, dans leur splendeur de pionnière, des femmes qui écrivent des poèmes au lieu de passer l'aspirateur, au lieu de ne rien faire du tout, des femmes
suspicieuses se dessinent dans le ciel.

Courage #3

Il y a des gens qui font tout de travers, comme fourrager dans le passé, écouter la symphonie N°8 de
Cet artiste inconnu qui résonne dans nos oreilles. Je marche dans l'obscurité, sans savoir où aller, quelle direction prendre ?
La droite croît et prend soudain une place vibrante parmi les ombres. J'avance vers
les chats liquides, mieux vaut éviter un niveau trop élevé de stress, des associations d'idées noires, des prénoms sortis
accusant le crime. Les paroles des lâches sont laides, je préfère m'accrocher à ce silence humble. papier mâché, haché, coupé, démoralisé. Souffle effacé et éteint. Je viens vers toi aujourd'hui pour allumer
des bougies en leur souhaitant de ne jamais s'éteindre. Pour éclairer tous ces visages que je ne connais pas encore, pour laisser paraître 
le cœur derrière la machine à paroles. la bravoure de l'âme récompensée. Récompensée par
le petit matin qui se cache en paix. Ma culpabilité me rongera plus tard ; aujourd'hui, je n'ai pas cédé à la lâcheté. Le ciel qui est trop haut menace de mal tourner, mais les tournesols feront le nécessaire pour ne pas paraître infantiles. Personne n' a des yeux dans le dos, et heureusement. Tu imaginerais ?
Non bien sûr ! Oui évidemment ! On peut souvent dire une chose et son contraire, mettre une pincée de sel au lieu d'une cuillerée de sucre, pour voir, languissant de curiosité, se recueillir comme une bombe.
The End

cadavre exquis # 2 courage

Un pas après l’autre, la tête haute et le dos droit je m’avance, je dois garder pieds, ignorer la souffrance dans ce regard dont le poids menace de faire flancher ma volonté et attendre le moment propice… pour le sacrifice. Je retombe sur mes pattes, je secoue ma crinière de cheval, je hennis une nouvelle fois, et je me décide à m’enfuir, à courir vers ceux qui hurlent. J’ai plein d’étoiles dans les jambes et les mâchoires serrées. Les hurlements m’emplissent le crâne et j’ai mal aux zygomatiques mais m’efforce de sourire. Mes oreilles bourdonnent, trop de bruits captent mon attention, je sors sur le pont et par-dessus la rambarde d’une fausse stoïcité rebondissent les angoisses de rejet, la peur de jugement, et tremble ma confiance propre, laisser couler les secondes, garder les dents serrées. Le train s’en va et je me regarde partir, je me fais des signes par la fenêtre. Celle qui part est une autre, plus grande, plus droite, celle qui reste encore dans la cour m’exaspère. Mon caractère ne suffira pas à endiguer l’hémorragie d’émotions fulgurante qui menace, qu’un grain de sable pourrait bien à lui seul faire déclencher. Une fausse note, une parole dite trop vite peut entacher un cœur léger mais les paroles maturées pourrissent parfois dans les méandres de la pensée, dilemme cornélien, je ne me souviens plus, du garçon ou de la fille qui elle avait choisi. Ni pourquoi ! Je n’aurais pas pu avoir ce courage. Et toi ? Comment fais-tu pour lever chaque jour les yeux en évitant de mordre la poussière ? Certains y prennent goût, moi je crache dedans

Courage # 2 Silence de la surface

Silence de la surface, fond ténébreux
Ou bien plutôt le contraire
contraire, mensonge, 
mensonge, songe, 
songe, cauchemar
Se réveiller en sursaut
Réaliser que la vraie vie attend
sur la descente de lit.
Se souvenir que la veille
Le plancher a été ciré
Qu'il ne faut pas glisser sur une flaque de mélancolie 
Ne pas se lever du mauvais pied
Laisser le rêve velu sous l'oreiller et espérer que le mari de la souris
-qui n'est pas un rat-
viendra le dévorer
et laissera à la place
un brin de lavande
pour apaiser les rêves de la nuit à venir
Venir, avenir, revenir
à ses moutons
Pas ceux qui croupissent sous le lit, non
Pas ceux que l'on a comptés pour s'endormir, non plus.
Non.
Respirer à pleines gorgées, à plein courage, 
s'étirer
se tirer de ce mauvais pas.
Se rappeler que c'est cyclique
Que dehors on en est au dernier 
chapitre de l'hiver
de ce côté de l'hémisphère.
Prendre sa rage rouge et lui tordre le cou
Réciter dans sa tête ce poème calligraphié au mur 
tant de fois lu, 
le mardi soir, pendant plus de 20 ans
"Si tu peux être brave et jamais imprudent...
Et si tu peux aimer tous tes amis en frère..."
L'immortel montre le chemin
Tenir l'épée et retourner à l'origine.

Bref.


Le pressentiment de l'odeur de café reprend le dessus.

Se souvenir que personne ne le fera à ma place
Mais que ça va aider
Ce n'est qu'un petit courage du matin
Celui qui sait qu'en vrai, 
le cauchemar ne partira pas tout seul chez le voisin
mais que telle la dame bousier,
je le pousserai devant moi
et que j'en ferai du courage-compost.


Courage #1

Courage, mais rage, surtout
Pour le rouge au cou, quand l'émotion fait fleur
OSER, dire Oui, carrément. Préférer, autrement.
Agrandir son périmètre. Ouvrir à ce qui veut venir. Migrer. Porter un instant la valise, demander à voir ce qu'il y a dedans ; pas par voyeurisme ou peur d'une bombe cachée dedans.
Pour savoir les mots nouveaux, comment ça se prononce, le courage qui vient d'ailleurs. La mort aux trousses. La faim la soif. Les mauvais coups. Les mauvaises farces. Comment ça se dit d'avoir tout abandonné en courant ? Comment ça se fait de prendre ses jambes à son cou, son courage à deux mains ? son corps en accordéon ? Comment ça se regarde quelqu'un qui nous regarde, en mettant son sort entre nos mains ?

Et maintenant qu'allons-nous faire ?

Et maintenant qu'allons-nous faire  De tous ces moutons paresseux des fleurs en tourbe sur les toits du chat qui gratte à la porte de la...