Il y a des idées qui nous coûtent quasiment la vie. Prenez ce jour où,
maladroite, j'ai piétiné un mot, abîmant son sens, c'est ma parole que j'ai condamnée. Je rebrousse le chemin,
je vais avec le courant des alentours, je me couche dans un champs de coquelicots plus hauts que moi, j'attends que la nuit tombe, que des bandelettes d'ombre
m'aveuglent pendant quelques secondes, avant que ne brille à nouveau l'espoir des premiers jours. J'essaie d'oublier
qu'il faut beaucoup de cran pour aimer. Je monte à nouveau dans ce train, ma valise pleine à craquer, sans le vouloir,
dans un grand cornet je suis englobée. Quelle garantie ai-je d'avoir raison ? L'amour fait-il vraiment mûrir ? Alors j'ai récolté quelques pétales et je les ai
tendrement déposés sur du papier. Avec ma gomme je les ai coiffés. Avant de leur prêter un petit bout de mon âme. Ils reviendront de leur voyage
le cœur léger. Je ne savais pas qu'on pouvait aller contre le vent, c'est un secret,
si je l'attrape, je le met dans le tiroir. Mais la commode est prête à éclater, elle est sur le point de tout cracher, et des éclats de bois, des échardes, des clous, menacent
le petit matin frais, tranquille, léger, la petite lueur qui danse dans le regard intraduisible. Des rayons de gaieté
des femmes intrépides, dans leur splendeur de pionnière, des femmes qui écrivent des poèmes au lieu de passer l'aspirateur, au lieu de ne rien faire du tout, des femmes
suspicieuses se dessinent dans le ciel.
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